31.03.2008

Table ronde N°2 - Synthèse des débats et clôture

af8f6688bd497c0815231403388d43ce.jpgManagement alternatif, droit d’opposition ou droit de retrait, les marges de manœuvre des cadres dirigeants sont aujourd’hui limitées d’autant que la pression sur le travail se concrétise par un impératif  d’allégeance aux supérieurs hiérarchiques et au système, conditions toujours essentielles à l’évolution d’une carrière.


Pour Marie–Caroline Bonnet Galzi du Ministère des Affaires sociales, les cadres dirigeants savent à quoi ils s’engagent en entrant dans la fonction publique d’Etat. Ils seront confrontés à un système de décision très complexe et devront effectuer un travail de conceptualisation tout en portant leur attention sur la cadres de terrains, entrer dans le fonctionnement gouvernemental, avec des consultations sociales (organisations syndicales et professionnelles etc.).
Yves Bonnet se place, lui, sur un autre axe celui du passage de la tâche prescrite à la réalisation de soi dans son travail. Pour le membre de l’Institut de recherche de la FSU il s’agit d’un débat d’éthique  que les syndicalistes ont à gérer.


Philippe Stierlin expose le socle de la question en prenant comme exemple les décisions prise à l’occasion du Grenelle de l’environnement, des 33 chantiers qui en découlent, du travail silencieux de lobbying du Medef et des entreprises pour dynamiter les bonnes volontés des partenaires : Quels sont les outils alternatifs qui nous permettraient d’exposer ces problèmes sur la place publique  ? Il affirme avec force que les alternatives puissent s’expriment avec force à l’intérieur et à l’extérieur des entreprises.


Daniel Trouillard de France Télécom souligne la difficulté des cadres qui sont contraints de faire d’énormes concessions, par exemple d’abandonner le statut de fonctionnaire pour celui de contractuel, pour continuer à faire partie du sérail ou être marginalisés.
Marie-Caroline Bonnet Galzi semble s’inscrire en contre, en ce qui concerne la fonction publique, en affirmant que les cadres possèdent les facultés de discernement qui font partie du développement durable  mais en appelle aux médias pour jouer le rôle de sentinelles .Elle concède la nécessité de construire des lieux ou puisse s’exprimer l’opposition.
Jean-Claude Seys, pour la mutualité soulève un sujet qui fâche celui de la logique binaire du système : « Le débat est possible, le débat est souhaitable, mais la prise de décision est nécessaire » et tente de redéfinir le centre décisionnel du capital


Marie José Kotlicki clôt, pour l’UGICT clôt ses premières rencontres.


« Avant les cadres dirigeants avaient le pouvoir et les responsabilités aujourd’hui, ils n’ont plus que les responsabilités » affirme-t-elle. Pour L’UGICT,  la responsabilité sociale des cadres dirigeants reste une question de démocratie, de citoyenneté, question d’éthique et d’humanisation des méthodes managériales .
Sous l’effet d’une élévation générale des qualifications, le besoin d’autonomie, d’expression s’accroît.
Or, le culte de la performance correspond un mode de management universel aseptisé, technicisé sur la base d’une démarche d’objectifs et de suivis d’indicateurs très éloigné loin d’un management participatif .
Cette technique de management se double aussi d’effets coercitifs vis-à-vis des cadres et cadres dirigeants. La reconquête de marges de manœuvre face à ce gâchis de qualification doit être une recherche collective.
Marie José Kotlicki affirme aussi que le droit au désaccord devrait donc être reconnu et compris comme l’expression d’une diversité efficace au plan économique .
A contrario, l’absence de garde-fou en matière de réglementation relative aux produits financiers a encouragé des comportements totalement irresponsables conduisant à la crise financière actuelle et au développement des LBO …
L’Ugict-CGT cherche à promouvoir avec d’autres associations et organisations syndicales, comme le Centre des Jeunes Dirigeants, le CJDES, la Fondation pour le Progrès de l’Homme, l’École du management… un Manifeste pour la responsabilité sociale des cadres . Ce Manifeste veut favoriser l’obtention de droit individuel garanti collectivement, comme le droit de refus et d’alternative sans sanction en cas de directive contraire à l’éthique.
Avec ce support unitaire, que nous cherchons à populariser au plan international, nous visons à développer un mouvement d’opinion en faveur d’une culture de la responsabilité où il est normal de pouvoir exprimer son éthique professionnelle.
Enfin, il y a besoin d’élargir la place de l’éthique dans les enjeux économiques. Ne pourrait-il pas exister des espaces de dialogue public - privé où les choix éthiques puissent s’exprimer, être discutés .
Dans ce droit fil, nous proposons de travailler à un mode de management responsable qui prenne appui sur la spécificité européenne qui est face au modèle anglo-saxon basé sur le tout individuel ou le modèle asiatique fondé sur le tout collectif et l’autoritarisme, d’articuler l’individu et le collectif.

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