18.05.2009

Liem Hoang Ngoc, économiste, maître de conférence à Paris I

La RGPP a au moins 2 objectifs.


Le premier objectif est chiffré c'est le non remplacement d'un fonctionnaire sur 3 soit 30 000 postes par an on en est à 60 000. Tout est programmé.

Hypothèse 1 : le creusement de la dette publique est dû à une excroissance du service public et aux dépenses de l'état qui augmente la dette des générations à venir. Sont visées les dépenses de fonctionnement. Mais la part des dépenses publiques n'a pas bougée depuis 25 ans, elle est restée à 51 % du PIB. La part des dépenses de l'Etat a même baissée de 2 points. Elle est passée de 25 à 23 % du  PIB. Les dépenses sociales en revanche ont augmenté, elles sont passées de 28 à 30 % du PIB. La part des dépenses de fonctionnements dans les dépenses de l'Etat a baissé de 5 points. Les dépenses publiques ne creusent donc pas les déficits. Les déficits se sont creusés depuis des politiques ont été conduites dans le sens de la réduction.

Taux d'endettement de l'Etat était, en 1983, de 25 % du PIB, aujourd'hui il est de 65 % surtout  depuis 1993 (36,5 % du PIB). Un projet de budget avec une hypothèse de croissance de 2,5 % alors qu'elle est inférieure, le déficit se creuse mécaniquement, même avec la destruction des postes de fonctionnaires. Les recettes fiscales font défaut, d'autant que les impôts des plus gros contributeurs ont diminué. On voudrait mettre ce déficit sur la monté de la dette publique que l'on veut tailler.

Hypothèse 2 : la baisse de la dépense publique serait de nature à relancer la croissance économique. Or, les dépenses de fonctionnement sont dépenses de santé, de l'éducation, de la recherche... Aujourd'hui, on entend des discours sur l'économie de la connaissance et la plupart des économistes admettent que certaines dépenses sont source de croissance endogènes. Or on supprime 13 000 postes d'enseignants et 900 dans la recherche, puis les hôpitaux. Réduire des dépenses porteuses d'avenir dans la santé, dans l'éducation, dans la recherche, universités, destruction CNRS, création de pôles de compétitivité etc. serait une catastrophe.

Ces hypothèses sont discutables

Le deuxième objectif : la modernisation du mangement. Le statut de la fonction publique n'est pas neutre, indépendant, il vise l'intérêt général. Le statut repose sur 3 piliers modernes.

  • La continuité dans le rapport à l'emploi.
  • La sereinité dans le rapport à l'argent
  • La dignité dans le rapport au pouvoir, sentiment d'égalité de traitement

Le service public n'est pas un service marchand. Il existe des indicateurs non monétaires qu'il faut utiliser.

La question salariale. La stagnation des salaires est au cœur de la crise. Aux USA, le salaire médian n'augmente plus depuis les années 2000, en France non plus. Le pouvoir d'achat de la moitié de la population se dégrade.

Pour le scénario à la française, une croissance lente profite aux ménages épargnants (actions etc..) : beaucoup d'épargne et très peu de consommation (aussi en Allemagne). USA, Espagne RU, les pauvres se surendettement. Et la croissance tirée par l'endettement. Donc, il est légitime de demander des augmentations de salaires de rattrapage. Les serviteurs de l'Etat, effet vitrine, il n'est pas incongru de demander une indexation du salaire sur les prix.

 

Ecrire un commentaire