18.05.2009
Marie Jose Kotlicki: Secrétaire génerale UGICT CGT
La crise met en relief l'atout et la puissance de l'intervention publique. Dans ce contexte la RGPP doit prendre en compte cette dimension et donner les moyens d'intervention à la puissance publique pour concourir à l'efficacité économique.
Quel est le cadre de la RGPP aujourd'hui ?
C'est un immense projet managérial de l'Etat des ses services et toute la fonction publique. Il serait irresponsable de penser les évolutions de l'Etat sans prendre en compte sa spécificité : la satisfaction et la garantie de l'intérêt général. Dans la RGPP pas une fois il est question de l'intérêt général. On modélise sur ce qui se fait dans le privé. Les logiques du privé n'ont pour but que de faire des profits et de garantir une très haute productivité et rentabilité financières.
L'avis des fonctionnaires concernés, des citoyens et élus n'est pas pris en compte. Ses objectifs flattent une conception idéologique d'abandon au privé des services publics, pour trouver des niches de rentabilité et productivité pour certaines entreprises privées.
Le cadre doit dépasser ces butées idéologiques. Il faut être plus exigeants et offensif dans la création de nouveaux critères d'évaluation des politiques publiques adaptées à la spécificité des SP aux relations de l'Etat avec la société. Le débat fait défaut. Les objectifs de la RGPP ont été concoctés dans l'intimité élyséenne sans dialogue ni avec les fonctionnaires, ni avec les syndicats, ni avec les citoyens. Tous les objectifs ont été définis, c'est du bench marking. Voir ce qui se passe ailleurs (GB, Suède, Canada). Aux USA, il n'y a pas de services publics, il va falloir les construire.
Si l'on adopte le management du privé pour les services publics cela signifie qu'il n' y a plus de spécificité de la fonction publique, des principes plébiscités par les Français. On affirme que l'on ne sait pas manager dans le public, que l'on ne fait que de la gestion administrative. Il n'au aurait pas au sein des services publics des cadres compétents pour manager, alors que leurs capacités sont reconnues dans tous les livres blancs? Nous travaillons à un management inédit.
Nous ne sommes pas favorables à un modèle importé du privé. Mais nous sommes pour une vraie révision des politiques publiques.
L'Etat est mis à mal. Le processus de paupérisation est généralisé notamment dans l'APHP.
Nous avons besoin d'outiller les agents et les cadres de la fonction publique en termes de droits de moyens et de valeurs
La RGPP doit répondre aux évolutions sociales et sociétales. Le vieillissement de la population crée de nouvelles missions. Pour répondre à l'ensemble des nouveaux besoins, l'élévation générale des qualifications est devenue indispensable.
On passe d'une culture de service publique à une culture (un culte) de la performance, en imposant des économies drastiques des comptes de l'Etat. Cette approche est purement financière et l'Etat prévoit de réduire de moitié le nombre d'agents de la fonction publique : 2,5 millions au lieu de 5.
Fongibilité asymétrique des crédits : axes fort, crédits économisés doivent être rendus et donc non utilisés pour payer les compétences. Economie des crédits de fonctionnement sur le dos des fonctionnaires vous pouvez vous payer des armoires ou des ordinateurs etc....
Il y a une coupure entre l'économique et le social. La RGPP pousse à externaliser sur les usagers de nombreuses charges qui ne peuvent plus être assumées par les administrations, faute de moyens.
On a besoin de réexaminer les conditions d'exercice des activités des services publics. On a besoin de réhabiliter le citoyen usager ses besoins, ses attentes.
On doit construire un management inédit, un management public qui lie la gestion des ressources humaines et les missions de services publics pour garantir l'intérêt général.
Cela suppose une autre conception du rôle et de l'encadrement dans le service public et dans toutes les fonctions du SP, avec une révision générale du rôle et des pratiques et des droits de l'encadrement pour qu'il puisse exercer toute sa responsabilité sociale. (urgentistes et éthiques professionnelles)
Des droits nouveaux et un statut rénové sont nécessaires. Le statut n'est pas un « corpus de privilèges » qui protégerait les fonctionnaires du reste de la société. Le statut définit des droits et des devoirs entre la protection des fonctionnaires et des missions de service public à entretenir. Les droits du fonctionnaire doivent garantir son indépendance si l'on veut préserver l'intérêt général. Les cadres de la fonction publique ne doivent pas se retrouver la situation des cadres du privés : se soumettre ou se démettre. Un statut doit leur permet d'être en dehors de la pression de l'employeur, comme de tout groupe de lobbying des usagers. Plus de démocratie dans la RGPP.
15:00 Ecrit par dans RGPP les cadres se rebiffent | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : services publics


Ecrire un commentaire